Les Flamants en 2009

Début 2009, la cité des Flamants, dans les quartiers nord de Marseille, continue de vivre (depuis déjà près de 7 ans) au rythme des travaux multiples, variés et désordonnés.

Après une première salve de nettoyage, de changements de moquettes et de poignées de portes des immeubles 1 à 4, deux importants chantiers sont engagés.

L’un verra apparaître un nouvel immeuble et une nouvelle rue. La bien nommée rue des terrasses traverse la cité entre les immeubles 7 à 9 et ces nouvelles habitations. Elle borde le nouveau jardin d’enfants où l’on a installé une balançoire et un cheval à bascule sur du sol mou. Ce qui rappelle aux mauvaises langues que le bailleur – constructeur prend grand soin de la santé des niards du quartier.

escalade interdite

Seul petit accroc à cette belle écharpe, le jardin est également accolé à une mini centrale électrique de deux mètres de hauteur. Cette dernière, pour qu’aucun risque ne soit pris, accueille sur ses flancs de courts murets qui s’élèvent sur un petit mètre. Formant ainsi un tremplin d’une cinquantaine de centimètres de largeur sur lequel les enfants n’ont évidemment pas le droit de grimper. Pour éviter qu’ils ne tentent d’atteindre le toit plat de la centrale…

L’autre va entraîner la véritable métamorphose de cette cité. À sa construction, la cité des Flamants disposait d’un espace en terre battue sablonneuse appelé, pompeusement cela va sans dire, le stade par les habitants. Toutes les manifestations s’y déroulaient. Du bal du 14 juillet au tournoi de foot en passant par les guinguettes, les photos de familles ou la fabrication des bonshommes de neige quand neige il y avait.

Les travaux  à l’œuvre ont entraîné la disparition du stade. Espace central du quartier. Il a été remplacé par une place située en hauteur, entre la Maison de la Solidarité, le centre social (dont les travaux ne commenceront que plus tard) et le pôle de services. Cette place est accessible via 3 escaliers et un chemin en plongée. Seul accès pour les personnes qui, quelque soit l’immeuble où elles résident, connaissent quelques difficultés de déplacement. Les vieux et les handicapés ont clairement été au cœur de la réflexion des architectes et bâtisseurs.

un bon bol d’air

Un nouveau stade était évidemment prévu. Le city stade, grillagé et dont les outils (buts et paniers) sont en métal trempé soudés au sol en moquette verte… Il est (en 2017) situé au bas de la cité, au-dessus des bâtiments 1 à 4, là où commence la rue des terrasses, le parking de 20 places en plein air pour les étudiants et l’avenue Alexandre Ansaldi (en travaux…) On ne peut pas rêver d’un plus bel environnement, sain et dégagé, pour s’époumoner au grand air.

La place dite centrale, présentée à l’origine par 13 Habitat (le bailleur social) comme la place du village est donc encadrée par un futur centre social, un immeuble tout neuf, le pôle de services et la Maison de la Solidarité.

Ronde, accueillant deux terrains de boules et quelques bancs, la place du village est construite sur un parking destiné aux professionnels du pôle et qui laissent pantois les habitants.

Après la disparition des espaces de stationnement en pied d’immeubles dont ils bénéficiaient avant travaux, ils ne peuvent désormais garer leurs voitures que sur de rares emplacements. Lesquels doivent être partagés avec les quelques centaines d’étudiants des écoles des soins infirmiers (IFSI) et de l’institut régional des travailleurs sociaux (IRTS).

non ma fille, tu n’iras pas danser

Particularité de cette « place du village » bâtie sur un parking, elle tangue. Ou plus précisément, elle ondule. En effet, le plateau de béton de sa surface ne peut accueillir, aux dires du logeur, que 500 kilos au mètre carré. Et ces lourdauds potentiels pourront marcher dans le calme des alertes incendie ou demeurer immobiles.

Toute activité sautillante, voire agitée, contient le risque de finir sa gigue au sous sol. Hors de question, donc, d’y célébrer quelque bal du 14 juillet que ce soit. Ni d’y fêter avec l’allégresse qu’elle mérite toute nouvelle année qui aurait l’audace de glisser ses feux d’artifice jusques en ces territoires bientôt désenclavés.