L’album Panini du Ravi

Chaque participant-e aux ateliers du Ravi s’est plié à un petit exercice. Livrer, en quelques lignes et sous la forme de son choix, les raisons qui l’ont conduit-e à opter pour le thème de la jeunesse.

Ce sont ces textes qui accompagnent l’album Panini qui suit.

Ahmed Saïd
Ahmed Saïd

Ahmed Saïd
Je travaille sur la jeunesse. Et j’ai passé longtemps à travailler avec elle. J’ai beaucoup appris aussi et je constate que les jeunes ont beaucoup à dire malgré le regard négatif porté sur eux.

Et que malgré tout, la vie d’un pays dépend de la jeunesse. J’espère que ma contribution sera positive face à son angoisse.

Amina Bounab
Amina Bounab

Amina Bounab
Les jeunes sont les Hommes de demain, la société a besoin d’eux. Il faut proposer aux jeunes du travail (CDI). Ils ont besoin de financements importants pour la formation et la création d’entreprise. Oh, mes jeunes enfants, je suis navrée de vous laisser le monde tel qu’il est. Plein de guerre et de haine froide.

 

Jeune avance avance
Avec fierté et patience
Agit avec confiance

Jeune, toi la bougie de demain
Suit le bon chemin

Jeune, la vie c’est pas un congé
Dormir et manger
Dans les études il faut plonger
Et créer des formations et projets

Jeune, reine la paix et la solidarité
Reine l’amour et la liberté
Vivons ensemble avec le respect et la tranquillité

Chaïnese Atamnia, Cherasade Agueni, Kévin Bouard
Cherazade Agueni, Kévin Bouard, Chaïnese Atamnia

Chaïnese Atamnia, Cherasade Agueni, Kévin Bouard
Pour des raisons différentes (éloignement, problèmes personnels ou entrée en formation), Chaïnese, Cherasade et Kévin n’ont pas été totalement au bout du projet. C’est vraiment dommage. Chacun à sa manière s’était particulièrement investi. Dans les discussions et la vie du groupe – on a longtemps gardé affichée l’équipe de foot formée par Kévin – mais également dans la réflexion sur les sujets ou dans la préparation des interviews. Autant le dire tout de suite : on les attend de pied ferme pour la prochaine aventure !

Dalila Aïssa
Dalila Aïssa

Dalila Aïssa
La jeunesse, large thème. Nous avons choisi de t’aborder, de t’écouter, de te comprendre. Nous avons tenté de te faire une place, de te laisser la parole, de t’inviter à chaque rencontre. Tous désireux de te proposer un monde meilleur, nous avons cherché et tenté de construire des réponses. Pas facile ! À force de curiosité, de lectures, de discussions, de rencontres, nous avons tricoté ensemble un joli pull-over. Avec les plus belles laines, les couleurs les plus chatoyantes. Tu mérites le plus beau. S’il est trop petit, nous l’agrandirons. Si les couleurs sont moches, nous en changerons. Suffira-t-il à te protéger de la violence qui s’impose à toi ? Tu n’es pas seule. Avance tranquillement, sereinement. N’aie plus peur. Baisse tes armes. Sèche tes larmes. Nous sommes là, près de toi, avec toi. Ta force, ta beauté, ton intelligence te rendront plus forte. Tu porteras ce monde vers la paix. Nous te ferons toujours une place dans nos cœurs.

Fatma Mahieddine-Benziane
Fatma Mahieddine-Benziane

Fatma Mahieddine-Benziane
Je regarde les jeunes avec optimisme
Sans aucun égard je l’écoute, je l’entends et souhaite parler d’eux
A travers l’ouragan fouettant les sociétés et malgré les difficultés
Jeunesse aujourd’hui avenir de demain
Je t’entoure de mes bras et je te tire par la main
Tels des flambeaux de la réussite éclairant le chemin
A la fois vaillants et fragiles, ils sont force et vivacité
Souvenirs de mon passé, de ma jeunesse
Je fais part de mes expériences de vie que je partage volontiers
Sans aucun doute je crois en la jeunesse
Inventive, heureuse et toujours en sourire
Bon vent !

Hicham Kabbache
Hicham Kabbache

Hicham Kabbache
Notre société paraît pour un grand nombre de jeunes une société non rassurante, fausse, qui n’a pas de sens. Où la réussite est aléatoire, réservée aux stars de la télé, aux sportifs, aux trafiquants ; où les valeurs éducatives, qu’on leur a inculquées depuis leur jeune âge, semblent déconnectées de leur quotidien. De son côté, la société regarde la jeunesse par le prisme du jeune non accompli, bon à rien, sans cesse jugé, évalué. Nous devons donc revoir notre approche avec les jeunes, surtout ceux qui sont en rupture scolaire, familiale, institutionnelle. Sortir des dispositifs verticaux pour commencer par nous demander : « Qu’est-ce que le jeune a à gagner, en savoir et en qualité ? Comment cela va lui servir pour grandir ? » Car comme l’écrit Georges Bernanos : « C’est la fièvre de la jeunesse qui maintient le monde à température ambiante. Quand la jeunesse se refroidit, le monde claque des dents. »

Lukas Giordano
Lukas Giordano

Lukas Giordano
Les jeunes sont au cœur de nombreuses problématiques actuelles, aussi bien au niveau politique qu’économique et social. Il s’agit dès lors d’un objet d’étude plus qu’intéressant. Ainsi, nous avons choisi de traiter plusieurs questions telles que celles du revenu inconditionnel, l’éducation, etc. Ce qui est notamment captivant dans le sujet sur le « jeune », c’est le nombre de points de vue que l’on peut avoir. Nombreux sont les avis qui peuvent être exprimés sur cet objet d’étude. Mais plus encore, l’apport culturel de ce sujet est immense. Ces points de vue, mais encore les connaissances transmises par le sujet montrent à quel point le domaine de discussion sur la jeunesse est étendu et d’actualité. C’est ce pourquoi ce sujet m’a vraiment intéressé.

Marina Méloua
Marina Méloua

Marina Méloua
J’ai passé le début de l’atelier à ronchonner que je n’aimais pas les jeunes. Ceux que j’avais croisés jusqu’ici, pour la plupart, étaient de « vieux jeunes », sans esprit de révolte. J’ai ensuite rencontré avec un immense plaisir Amel, Kevin et Lucas et j’ai réalisé que mon collègue Laydine était ce que nous appelions « un jeune ». Ça m’a réconciliée avec le concept. « Le jeune » sait aussi s’engager. Mais la réalité n’est pas que rose. Le Conseil Jeune bat de l’aile depuis le départ d’Anne-Marie Tagawa, l’éducatrice Addap qui le portait, et les collègues cherchent de nouvelles formules viables à proposer aux ados. On sait comment accompagner les jeunes, mais le faire peut être compliqué, et repose souvent sur l’investissement personnel de salariés qui évoluent dans un contexte économique défavorable.

Nadia Khémiri
Nadia Khémiri

Nadia Khemiri
Je constate que la place des jeunes est pour le moins mince dans l’espace public, en particulier dans les lieux de représentation, comme les organisations politiques ou syndicales. En revanche, ils sont très présents dans les émissions de chant, de danse, de télé-réalité. Comme s’ils n’étaient capables que de divertir mais pas de réfléchir. En plus, au fur et à mesure qu’avancent les crises économiques et écologiques, il apparaît que ce sera à la jeunesse d’assumer les choix faits aujourd’hui. Donc, la prise en compte des avis donnés par la jeunesse est un enjeu de société qui dépasse les questions d’âge de la vie.

Taourati Moussa
Taourati Moussa

Taourati Moussa
La jeunesse. C’est le moment de la vie le plus difficile pour un être humain, mais qu’il faut prendre à bras le corps. Pour ce faire, il faut une bonne tête, un bon cœur, une bonne santé, des soutiens et surtout de la patience. La jeunesse est un moment de questionnements, de doutes, de fragilité. C’est pour ça qu’il faut des bras pour accueillir et des épaules pour qu’ils pleurent et soulagent leur tête et leur peine. Il faut aussi que l’Etat les soutienne pour qu’ils ne relâchent pas leurs efforts, et que les entreprises ne rejettent pas ceux qui veulent apprendre. Surtout sous prétexte de leur entourage ou de leur peau. Car c’est la cause majeure de leur destruction. Soutenons et encourageons nos jeunes pour qu’ils ne tombent pas dans les fossés.

Thierry Dargent
Thierry Dargent

Thierry Dargent
On n’est pas sérieux quand on a 17 ans… écrivait Arthur Rimbaud. Et c’est heureux. Il ne manquerait plus que pour aller à la découverte de sa vie, de la vie, de soi, de l’autre, la jeunesse troque sa nécessaire folie contre un complet de majordome de palais en carton. Il ne manquerait plus qu’elle vieillisse au rythme effréné des angoisses et des peurs que la société lui assène comme des horizons immuables. Cet éternel on ne sait jamais qui n’a d’autre costard que celui du croque-mort des illusions et des rêves. Alors que sapée comme une danseuse étoile aux bottes de sept lieues, elle virevolte et enjambe, malicieuse, insolente et hilare, le précipice où se vautrent les bouches édentées qui lui conjurent de mourir avant même que d’avoir vécu. Va, rêve, pleure, chante, gueule, rit. Vis sans limite et sans peur.