Degun, ça fait du monde…

En 2016, Christophe Baralotto, boss de la société marseillaise ProvePharm Live Solution, dresse un constat. Les collégiens des quartiers prioritaires de la capitale phocéenne sont des cumulards. Non contents d’habiter des cités dégradées, ils rencontrent des difficultés pour se déplacer et n’ont que peu d’activités à portée de mains.

Mais en plus, quand arrive le temps des stages, ces collégiens et collégiennes ont toutes les peines du monde à être accueillis dans les entreprises. Faute de réseaux suffisamment étoffés, ils se retrouvent souvent à faire le siège des associations ou commerçants de leur quartier. Seulement, les possibilités qu’offre ce schéma sont restreintes.

Le chef d’entreprise refuse la fatalité et choisit de s’attaquer au problème de front en mettant sur pied un défi : Degun Sans Stage. La première année, 120 stages sont proposés. Mais, comme il l’explique lui-même : « Notre message n’était pas bien passé ». Résultat, seule la moitié de l’offre trouve preneur.

L’homme ne se décourage pas et fait appel à Centrale Marseille. l’école d’ingénieurs locale, pour améliorer l’opération. C’est Mathilde Chaboche, coordinatrice du Labo Sociétal de l’institution universitaire, qui prend le relais. Co-financé par des institutions publiques et des entreprises, Degun Sans Stage est aujourd’hui piloté par Centrale Marseille, la préfecture, le rectorat et le Conseil départemental 13.

En 2018, la barre des 500 propositions destinées aux élèves de 10 collèges est franchie. Cette année, l’ascension continue. Près de 120 entreprises marseillaises ont répondu à l’appel. Ainsi, les adolescent-es de 16 collèges vont pouvoir piocher dans les quelques 500 offres déjà disponibles.

L’objectif affirmé par Mathilde Chaboche, son équipe et ses partenaires est d’arriver à 700 stages proposés par 200 entreprises. Si le défi est immense, l’engagement et la détermination des cinq personnes qui s’y collent quotidiennement ne l’est pas moins. Ainsi, Sophie Dominique, cheffe de projet, se rend-elle régulièrement dans les établissements pour y tenir des ateliers au cours desquels elle rencontre et informe les équipes pédagogiques sur la teneur du Défi.

Et pour parfaire l’opération, les missionnaires du Labo proposent leurs ateliers « Top Départ ». Deux semaines avant le début des stages, on parle codes de l’entreprise et préparation à la découverte. En 2019, ce seront près de cinquante de ces temps de rencontre et d’échanges qui auront été conduits par l’équipe du Labo Sociétal.

T.D.