Schebba invite au débat, Inch’Allah…

Il y a bientôt 20 ans, la réalisatrice chti, Yamina Benguigui, mettait en scène l’histoire de Zouina, une mère de famille algérienne venue avec ses trois enfants rejoindre son mari.

Dans Inch’Allah dimanche, l’on découvre cette femme et les rapports compliqués qu’elle entretient avec Aïcha, sa belle mère inquisitrice gardienne du temple et des traditions.

inchallahAprès dix ans de séparation, les retrouvailles avec Ahmed, ouvrier du textile dans cette Picardie à l’environnement un peu âpre, ne sont pas non plus de tout repos.

Mais ce sont surtout, dans une France qui se raidit, les rapports avec le voisinage, l’incompréhension et l’hostilité marquées qui traversent cette œuvre que l’association Schebba, dans le 14e arrondissement de Marseille, propose de venir découvrir au cours d’une projection-débat, ce vendredi à partir de 14h.

À l’heure où les édiles politiques, toujours plus promptes à flatter les haines optues quand se profilent des élections, reprennent les débats un peu poisseux sur l’immigration, la proposition de Scebba a le mérite de nourrir la mémoire en empruntant la perspective historique et la profondeur des émotions.

L’épopée se déroule au cœur des années 1970. La France qui a choisi de mettre un terme à l’immigration dite économique en 1974, décide, sous certaines conditions d’accorder aux familles immigrées le droit de vivre ensemble.

C’est ainsi qu’en 1976, le gouvernement Chirac par l’intermédiaire de son ministre du Travail, Michel Durafour, opte pour ce que l’on appellera, dès lors, le regroupement familial.

Pourtant, ce qui se veut une ouverture ne s’adresse pas à tous. Les familles algériennes regardent passer les plats mais ne sont pas invitées à table (1).

En effet, lors de l’accession à l’indépendance de l’Algérie, la France et les dirigeants algériens signent les Accords d’Évian. On y stipule que les ressortissant-es de la toute nouvelle République continueront de circuler librement en et vers la France. Sans besoin de la carte de séjour imposée aux autres immigré-es du Maghreb.

Pourtant, c’est bien aux familles algériennes que les conditions les plus insurmontables, fruits d’une administration vengeresse qui s’appuie sur des décrets officieux non publiés et contrevenant aux Accords d’Évian qui valent plus que force de loi, seront imposées.

C’est dans ce contexte politique et social hostile, où la France accueille du bout de ses fourches, les enfants et épouses de ceux qui la construisent, que débarquent Zouina et ses trois enfants.

Une belle histoire, tirée du livre éponyme publié aux Éditions Albin Michel, qui convoque l’Histoire, la mémoire, les souvenirs et qui invite à repenser cette idée simple, mais salavatrice : Les peuples qui ne réfléchissent pas sur leur passé sont condamnés à le revivre…

RENSEIGNEMENTS & CONTACTS

VENDREDI 24 OCTOBRE – 14H
Projection de INCH’ALLAH DIMANCHE de Yamina Benguigui

INFORMATIONS COMPLÉMENTAIRES
Yamina Benguigui – Inch’Allah Dimanche, le livre
(1) – Muriel Cohen – Regroupement familial : l’exception algérienne (1962-1976)

 

SCHEBBA
St Barthélémy III
Bt G 3 –  52, rue Mabouti Tir – 13014 Marseille
Tél. : 09.86.77.83.47
Mail. : karima.chernai@schebba.fr

LE PLAN DU QUARTIER

POUR VENIR
BUS / 33 – 33s – 38 : arrêt Jourdan – Le Mail