Il fait un temps déraisonnable…

Depuis novembre dernier, et l’effondrement des immeubles de la rue d’Aubagne en plein cœur du quartier de  Noailles au centre ville de Marseille, les esprits bons et mauvais sont debout sur la table pour une farandole qui eut pu être risible si elle n’était aussi tragique qu’indécente.

La mort elle-même n’est pas parvenue à imposer le silence qui aurait reposer le repos des morts et soulager nos têtes et nos oreilles.

C’est à qui montrera les dents les mieux alignées et les larmes les plus lourdes pour dénoncer l’abandon des quartiers populaires, l’indifférence aux populations qui y résident, l’incurie des incurieux-ses…

Et, pour certains, l’heure est venue par leur sempiternel courage, fuyons… d’éprouver encore et encore leur art de l’esquive. Ce classique et nauséabond : « Que diantre… C’est pas moi… J’étais même pas là… »

L’ombre est sans aucun doute un refuge pratique mais l’on ne peut s’y croire invisible.

Alors, en matière d’exercice du pouvoir (politique et donc in fine décisionnel), et pour exprimer l’intensité de son sens des droits et devoirs, ce pas chassé ressemble plus au cri d’un muet qu’à un récital de ténors…

Mais enfin, il est plus sûr pour éviter d’être appelé par son numéro d’écrou et espérer poser son autorité dans le fauteuil d’un boss déjà liquide, de savoir ménager les sourds et disperser les malentendus que de tendre, ne serait-ce qu’une joue.

D’ici quelques mois, les grandes manœuvres électorales dévasteront à nouveau les champs de neurones. L’un sera une crapule indigne qui devra patienter pour qu’un quelconque club de quartier porte son nom trois fois maudits. Quand sa main droite sera, elle, devenue l’éclaircie immaculée que l’on n’attendait plus. Un autre sera un suppôt de pouvoirs boiteux et despotiques. Quand le tout nouveau tout beau aura l’aura d’un béni soit-il, tombé du ciel…

Quand l’indignation de certain-es est aussi réelle qu’active***, les moues confites et désespérées que d’autres ne manquent pas d’étaler sont plus écœurantes qu’un fondu au chocolat gras.

Pourtant, la réalité de l’indignité des logements marseillais ne date pas d’hier. Dénoncée depuis des lustres, elle n’a pas su, jusqu’à ce jour, se frayer un chemin jusqu’aux têtes obèses des « qu’est-ce-qu’on-y-peut-tistes » perpétuels.

En 2013, nos confrères de BAT13TV, webtv installée dans le 14e arrondissement de la capitale provençale, étaient au pied du bâtiment G de la cité du Mail. Une copropriété délabrée abritant quelques centaines d’âmes…

Ses habitant-es expliquaient (déjà) leur désarroi et leur colère face à l’inexistence de toutes celles et ceux qui avaient en charge de se préoccuper de l’insalubrité des logements marseillais et de l’état désastreux de nombre d’immeubles. Et notamment du leur, le G, dans un état de décrépitude et d’abandon aussi avancé qu’inquiétant.

Nous vous proposons de découvrir le reportage de nos confrères. Parce que si l’histoire récente traîne un peu les pieds avant de sortir du champ, l’on souhaite juste qu’elle ne se répète pas.

 

*** Collectif 5 novembre, Collectif 59 St Just…