Marche à l’ombre

Le 10 et 11 janvier dernier, habitant-es et acteurs du grand saint Barthélémy étaient invités à participer aux balades urbaines proposées par la Compagnie des Rêves Urbains sous l’égide de Marseille Rénovation Urbaine. Les résultats de ces pérégrinations et des séances feutres en mains pour cocher les petites cases des tableaux de dites-nous tout seront présentés par la Compagnie le 17 janvier prochain de 9h à 12h dans les locaux du centre social Flamants – Iris.

 

Les travaux continuent sur l’ensemble du territoire et le travail de la Compagnie des Rêves Urbains, quelque soit sa qualité, fait et fera partie des outils utilisés par tous les acteurs.

Dites-nous tout…
Dites-nous tout…

Il servira, entre autres supports sans doute, à Marseille Rénovation Urbaine, aux bailleurs sociaux, aux cabinets d’architectes, aux associations et aux intervenants en tout genre pour mener les réflexions et soumettre des propositions qui feront le bonheur des locataires en imaginant, pour eux, le futur de ce territoire…

Même si, en fin de parcours, les seul-es qui demeureront impacter jour et nuit par les conséquences des chantiers sont et seront les habitant-es.

Alors, pour éviter à nouveau que quiconque ne se croit en droit ou en devoir de parler, encore, en lieu et place des habitant-es, nul besoin de vous inviter à… inviter tous-tes vos connaissances sur le territoire, à commencer par les habitant-es, à venir assister à cette restitution. Et à investir tous les lieux et réunions où se dessinera le grand saint Barthélémy de demain.

Cela étant dit, la déambulation fut instructive et les échanges… piquants. À l’occasion de cette promenade, venant de Picon-Busserine pour rejoindre la Maison des Familles et des Associations, les marcheurs, marcheuses ont emprunté la passerelle qui surplombe la L2.

La passerelle en 2018
La passerelle en 2018

Et comme il est égoïste et mal élevé de garder pour soi les bienfaits dont nous pourrions être comblés, il fut suggéré à celles et ceux de nos interlocuteurs et interlocutrices présent-es d’ouvrir grand leurs poumons et de respirer l’air des hauteurs, déjà pollué au-delà des prévisions…

L’un des intervenants se racle la gorge et précise : « les mesures que nous avons commandées et qui nous ont été remises montrent qu’il n’en est rien… »

Et toc, voilà Marseille Plein Nord percé à jour, sa langue de vipère glissant entre ses crochets venimeux, pris en flagrant délit de diffusion de fausses nouvelles… Et que brûlent ses plumes… Bien…

Alors, comme ce gentil monsieur nous a également sommé, mais discrètement en fin de matinée entre deux mâchonnements de petits cubes de légumes variés, de prouver ce que nous nous amusions à souligner, nous vous proposons de saines lectures.

En commençant par l’extrait suivant : « Une étude comparée entre les situations de 2011 (faite par Air Paca, devenue depuis AtmoSud) et celle de 2014 (par la SRL2, la société chargée de réaliser la L2) a donc permis d’identifier une pollution importante sur quatorze sites du futur tracé de la L2. Avec des taux de dioxyde d’azote approchant voire atteignant le seuil réglementaire des 40 microgrammes/m3 annuels. Les rues de la Busserine (la rue de l’Agora), et le boulevard de la Station en font partie… »

Aïe, si même les études internes diffusent des fausses informations… À qui se fier? Surtout que celles réalisées par les collectifs anti-nuisances de la L2 et CANL2 n’incitent guère plus à faire son jogging dans le quartier…

La maquette du territoire aujourd'hui…
La maquette du territoire aujourd’hui…

Évidemment, il n’y a aucune raison de croire plus en les affirmations du Collectif anti-nuisances de la L2 et CANL2 qu’en celles d’AtmoSud.

Si ce n’est cette infime différence : les unes proviennent d’études financées par celui qui mène les travaux quand les autres sont le fruit de relevés pratiqués par 2 collectifs sans lien avec la SRL2.

Ce qui, bien entendu, ne prouve ni l’indépendance des uns ou la soumission des autres.

Cela permet uniquement de disposer de données manifestement contradictoires et qui autorisent (au moins) les questions.

Bref, l’article de nos confrères et néanmoins amis de Reporterre, est moins long qu’un jour sans pain et nourrit le débat. Que chacun-e fasse selon sa conscience et lise ou pas les informations qui suivent.

Enfin, si vous disposez d’éléments complémentaires qui contredisent ou confirment l’une ou l’autre des positions, n’hésitez pas à en faire part à vos voisin-es de palier, d’immeuble, de rue, de quartier…

S’informer c’est commencer à empêcher les belles et beaux parleurs de prendre leur reflet dans le miroir pour une photo originale. Et leur voix pour la voie…