Le Mesclun et Le Ravi ravivent le confit de générations…

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Entre janvier et juin 2018, le Ravi et son compère des quartiers Nord Le Mesclun ont animé un projet de journalisme participatif avec des adolescents de la Maison des Familles et des Associations, dans le 14e arr. de Marseille. Au menu : les relations intergénérationnelles. Ou comment faire des jeunes avec des vieux. Et vice-versa…

« Vous avez rencontré Jésus ? ». Même avec ses mille vies vécues (Lire l’ITWillustration_Intro), Liliane Aloui ne s’attendait pas à celle-là. Devant l’insistance de Sihem, 15 ans, il a pourtant fallu expliquer. Malgré ses 70 ans, cette grand-mère de 9 petits-enfants, avait quand même peu de chance d’avoir un jour croisé le fils du Père…

Si les différences de générations sont parfois l’occasion de sérieuses incompréhensions, les relations entre jeunes et vieux sont aussi faites de très jolies choses. C’est ce qu’ont appris les ados de la Maison des Familles et des Associations, dans le 14e arrondissement de Marseille, que le Ravi et Le Mesclun on accompagnés durant le premier semestre 2018 sur un projet de journalisme participatif consacré au sujet.

« Mes petits-enfants me font écouter Maître Gims. Tout ça. J’écoute avec eux, on s’amuse », raconte encore Liliane. Avant toutefois de préciser : « Mais ma préférence, elle n’est pas là, je vous le dis franchement. » Ce sont aussi ses petites-filles qui lui ont acheté son téléphone portable et lui ont appris à s’en servir.

« Les vieux fourneaux »

À la mode depuis quelques années, les projets mettant en relations jeunes et vieux, voire très vieux, sont légion. Même s’ils se résument souvent à l’organisation d’activités communes. Il arrive que l’on pousse l’audace jusqu’à recueillir des récits de vies. L’objectif étant de créer du lien social et de sortir les personnes âgées de leur isolement. Si la transmission imaginée est souvent descendante, l’inverse existe et présente beaucoup d’intérêt, à l’instar de l’histoire de Liliane. « Puisque l’important est de vivre dans le monde de demain, ce sont les jeunes générations qui devraient instruire les anciennes », explique le sociologue Vincent Caradec (1).

Comme ils l’expliquent en dernière page de ce cahier, Abdellah, Ambrine, Assia, Cherazzad, Choaib, Jade, Jawad, Joris, Hanna, Medhi et Sihem sont prêts à partager leur expérience. Mais ils ont entre 10 et 15 ans et la tête plein de questions. Ce qui les intéresse, c’est de savoir si la télé, les tablettes, les téléphones portables existait il y a 30, 40 ou 50 ans. Quelle était la mode à ces époques. Si dans leur jeunesse, les mamies se maquillaient. Quels étaient les équipes et joueurs de foot phares, le noms des stars… Des trucs d’ados, quoi !

Ce sont donc leurs idées et leurs questionnements qui sont au cœur de ce supplément et de ses prolongements en ligne, à retrouver à la rentrée, sur les sites du Ravi et du Mesclun.

Comme pour chaque projet, nous les avons accompagnés à les mettre en musique et les approfondir par un travail journalistique. En les initiant, par exemple, à la préparation et la réalisation des interviews, au tournage vidéo, à la photo. Numériques, évidemment !

Jean-François Poupelin

1. « Jeunes » et « vieux » : les relations intergénérationnelles en questions », In Entre les âges, Agora débats/Jeunes N°49 (2008/3), Presses de Sciences Po.